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Toponymie et histoire des villages de Saint-Augustin

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Ce n'est qu'en 1790 que la Corrèze devient un département et Saint-Augustin une commune.
Mais, bien avant cette date, nous avons trace des villages dispersés sur le territoire communal actuel, et leur toponymie nous donne quelques indications.

A noter d'abord que tous les villages d'aujourd'hui existent depuis fort longtemps, la liste en étant complète dans le dictionnaire historique et archéologique des paroisses du diocèse de Tulle.
Aucun d'entre eux ne date d'une création récente.
En revanche certains ont disparus : Combelaygue, Malagnoux, les moulins de Barlet, les moulins de Ganesandes, les moulins de Manie et de Moussou.

Plusieurs de ces villages ont un nom qui, dérivé du latin, désigne des arbres ou de la végétation :
- Les Boiroux, de bosc, bos / bois
- Chauzeix, de saulze / saule
- Beyssac, de bettia / bouquet de bouleaux
- Le Bos, forme réduite de bosc, bos / bois
- Roumaillac, de rumex, rumica / ronce

Incontestablement, cette toponymie implique une région boisée, qui l'est encore aujourd'hui, et qui, par endroits, l'était certainement davantage avant l'incendie des Monédières.
Nous avons déjà noté également l'existence d'un village dans la montagne, appelé La Forêt.

Trois autres noms de lieux nous renseignent sur les activités exercées à Saint-Augustin, sans doute dès le Moyen âge.
- La Borie, de nombreux hameaux s'appellent ainsi dans le Centre et le Sud Ouest; l'origine latine serait bovaria qui signifie "étable à bœufs", puis "ferme et métairie"
- Le Mas, de maneus / exploitation rurale occupée par un seul tenancier; nombreuses en Limousin - Lafarge, forme méridionale du latin fabrica / atelier et par dérivation forge

Ainsi, nous retrouvons à Saint-Augustin des activités typiques exercées partout en France à cette époque-là; un pays riche en forêts qui a subi des défrichements pour laisser place à des cultures et un pays où l'artisanat se développe.
Tel apparaît Saint-Augustin à travers la toponymie.

Enfin, deux villages nous dévoilent, par leur nom, des renseignements plus locaux.
Il s'agit de :
- Le Tourondel, de turris / la tour, mais qui désigne le plus souvent le château. (nous en trouvons effectivement un dans ce lieu)
- Sarlat, de serre dérivé de la forme locale du pré-latin serra / montagne allongée. Ce village est en effet situé sur une petite butte.

Chaque village a aussi son histoire que nous fournit CHAMPEVAL dans Le Bas-Limousin seigneurial et religieux.
Bien sûr, Beyssac et le Tourondel sont marqués par celle de leur château respectif, mais on peut voir que chaque village était aux mains de nobles ou seigneurs différents.
Ainsi :
- Lafarge était un gros village de 130 habitants qui fut incendié au XIXème siècle. Il dépendait de différents seigneurs, notamment de la cure de Chamboulive. Ce village, qui s'est appelé aussi La farge-Remole, a fourni des maires et des religieux (famille FRAYSSE et AIGUEPERSE).
- Roumaillac fut brûlé par la main criminelle d'une femme en 1866. L'incendie dévora l'église et le cimetière qui, dit-on, existaient alors, et la chapelle construite celle-là bien avant 1764.
Ce manse a été donné à l'abbaye de Tulle vers 987. Il y eut des seigneurs aux XVI et XVIIIème siècles.
- Chauzeix, grand village de 152 âmes, acquittait ses devoir féodaux à VENTADOUR aux XVIIème et XVIIIème siècles et au prévôt de Saint-Salvadour au XVIIIème siècle.
Un des principaux propiétaires du village fut maire de Saint-Augustin : AIGUEPERSE.
- La Borie et Les Boiroux étaient des fiefs appartenants à des nobles du XVème et XVIIIème siècles. DU SOULIER était seigneur de La Borie.
- Le Bos était au XVIIIème siècle dîmé par l'abbaye d'Uzerche, et appartenait au même siècle au seigneur de Treignac.
- Leymarie appartint à des bourgeois aux XVIIIème et XIXème siècles.
- Mézinges payait ses rentes à Tulle et appartenait à des nobles et à des bourgeois.

La plupart de ces villages ont été, pense-t-on, rattachés au bourg de Saint-Augustin dès leur origine, sauf deux probablement.
Bien que nous manquions de sources dûres et de date précise quant à l'origine des limites communales, il est vraisemblable que Le Bos et La Forêt de Chauzeix, tout au Nord de la commune, dépendaient auparavant de Veix ou Madranges, communes actuellement limitrophes de Saint-Augustin.
Ces deux hameaux, perdus dans la Monédière, auraient demandé, suppose-t-on, à être rattachés à Saint-Augustin pendant les Guerres de Religions. En effet, pendant cette période agitée de l'histoire locale, des habitants de ces villages atteints par la lèpre ou la peste auraient supplié l'abbé de la commune dont ils faisaient partie, de leur porter secours et de se rendre à leur chevet.
Celui-là ayant refusé, le curé de Saint-Augustin se serait déplacé. De là, pour lui témoigner leur reconnaissance, les habitants auraient décidé de se rattacher à Saint-Augustin.
Cette anecdote et ce rattachement tardif pourraient expliquer la forme surprenante des limites communales formant une pointe, à partir de Chauzeix, qui s'avance dans le massif des Monédières en englobant donc les écarts de La Forêt et du Bos.
En effet, sans cette extrémité saillante au Nord de la commune, celle-ci aurait une forme compacte.

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Source : Jacqueline Farges

Parc Naturel Régional de Millevaches en Limousin
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